mercredi, 05 juillet 2006
Mariette (Auguste-Edouard)
Auguste-Édouard Mariette est un égyptologue français né 1821 à Boulogne-sur-Mer et mort en 1881 au Caire (Égypte).
Professeur au collège de Boulogne en 1841, il se passionne pour l’égyptologie, en visitant la Galerie égyptienne du Musée de Boulogne et en classant les notes que Nestor L'Hôte, décédé en 1845, a recueilli lors de son voyage avec la mission franco-toscane sur la terre des Pharaons. Pour définir sa passion, il déclara, « Je suis entré dans l’Égypte par la momie du musée de Boulogne » et « Le canard égyptien est un animal dangereux : un coup de bec, il vous inocule le venin et vous êtes égyptologue pour la vie ».
Il apprend les hiéroglyphes et le copte et, renonçant au professorat, entre comme commis au Louvre (ex-Charles X), acceptant un travail ingrat et mal rémunéré. Remarqué par Emmanuel de Rougé et Charles Lenormant, il se fit envoyer en Égypte par le Musée du Louvre, en 1850, pour acquérir des manuscrits coptes.
Mariette, assis sur le mur d'un mastaba
L'affaire ne se fit pas et il utilisa les fonds pour fouiller à Saqqarah, après avoir admiré la plaine depuis les remparts du Caire, ayant sous les yeux le spectacle des pyramides, du Nil, de la plaine de Saqqarah. « Il y avait là, presque à la portée de ma main, tout un monde de tombeaux, de stèles, d'inscriptions, de statues. Que dire de plus ? ». Le lendemain, il s'équipe et le 20 octobre, il campe au pied de la Grande Pyramide. Alors qu’il passait par le plateau de Saqqarah, il remarqua, émergeant du sable, la tête d'un sphinx ; il songea alors à la description, faite par Strabon, d’une avenue menant au Sérapéion, bordée de plus de cent quarante sphinx. Le voyageur grec affirmait que se trouve à Memphis « un temple de Sérapis dans un endroit tellement sablonneux que les vents y amoncellent des amas de sable sous lesquels nous vîmes des sphinx enterrés, les uns à moitié, les autres jusqu'à la tête... ». Le résultat fut immédiat : des sphinx sont ainsi mis au jour, ainsi qu’une statue de belle facture. On lui doit la découverte (le 1er novembre 1850), du Scribe, une des pièces maîtresses du département égyptien du Louvre, et la fouille (jusqu'en 1854) du Sérapeum de Memphis où il dégagea de nombreux mastabas de l’Ancien Empire.
1857, il revint donc en Égypte, y rencontrant Ferdinand de Lesseps, et ce dernier apprécia la tournure d'esprit de Mariette en ce qui concernait la destination des antiquités. Aussi fut-il présenté à Saïd Pacha qui avait succédé à
Mehemet Ali. « Il nous incombe de veiller avec soin sur les monuments. Dans cinq cents ans, l’Égypte sera-t-elle encore en mesure de montrer aux érudits qui la visiteront ceux-ci tels que nous les découvrons aujourd'hui ? ».Il ouvrit un chantier à Dra Abou el-Naggah (Thèbes) et, en décembre, le sarcophage du roi Ahmosis (qui régna jusqu'en 1567 avant notre ère et qui mit fin à la dynastie des envahisseurs Hyksos, lors de la prise d'Avaris) est retrouvé intact. Il devint directeur du Musée de Boulaq, dès le 1er juin 1858, et, à Thèbes, sur la rive opposée à Louqsor, non loin du lieu où il avait exhumé le sarcophage de Kamosis, son équipe dirigée par Maunier, mit au jour celui de son épouse Ahotep, ainsi que le mobilier et les somptueux bijoux qui l’accompagnaient. En l’absence de l’égyptologue français, les autorités égyptiennes ouvrirent le sarcophage, « balancèrent » la momie et conservèrent les bijoux et objets trouvés qu’elles expédièrent, via le Nil, à destination du Caire. Le directeur général des antiquités intercepta le convoi fluvial et récupèra les caisses, se plaignit auprès de Saïd Pacha, qui conserva deux pièces pour son usage personnel.
En 1860, il découvre puis travaille au temple d'Edfou qu’il fait désensabler. Lors de l’Exposition universelle de Paris de 1867, les bijoux d’Ahotep sont exposés à Paris et l’impératrice Eugénie eut très envie de certaines pièces, au point qu’elle les demanda à Ismail Pacha, qui en référa au directeur du Musée de Boulaq. Mariette s’opposa à la volonté impériale, ce qui lui créa des soucis. Il est retenu par l’opéra Aïda, de Giuseppe Verdi, dont il aurait suggéré le thème et qui devait être donné en 1870, pour l’ouverture du canal de Suez, mais en raison de la guerre en Europe et de la défaite de Sedan, la date fut reportée à l'année suivante. Pendant ce temps, les ouvriers, qui dégageaient la stèle des membres de la famille royale semblant dater de l’Ancien Empire, découvrirent l’ouverture d’un puits, et l’un d’eux progressa dans la galerie ainsi creusée, une bougie à la main, et réapparut livide, comme vidé de son sang : il venait de croiser le regard brillant de deux personnes qui, le dévisageant fixement, l’avaient effrayé au plus haut point. Lorsque Daninos alla voir ce qu’il en était, il se retrouva face aux statues de Rahotep et Néfret sui allèrent ainsi rejoindre le musée de Boulaq.
carte des fouilles de Mariette
En 1872, Mariette avait 2780 ouvriers travaillant sous sa direction en Égypte, et, en 1878, il fut reçu à l’Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres. En 1880, il fut rejoint par Gaston Maspero, tandis qu’il tomba à nouveau gravement malade du fait de son diabète. Il mourut en 1881 au Caire, en ayant fouillé 300 tombes, à Saqqarah et à Guizèh, dégagé de nombreux sites en Égypte et en Nubie, et retrouvé environs 15 000 objets. Son dernier ouvrage sera publié après sa mort sous le contrôle de Maspero, Mastabas de l'Ancien empire. Il fut enterré au Caire.
Autobiographie de Ouni, VI e dynastie - Fouilles Mariette, 1860
Il créa le service des antiquités de l’Égypte et le musée égyptien du Caire en 1858.
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Belzoni (giovanni battista)
Giovanni Battista Belzoni, aventurier italien, né en 1778 à Padoue (Italie), mort en 1823 à Gato (Bénin)
Rien ne prédestinait Giovanni Belzoni à devenir l'une des grandes figures de l'archéologie égyptienne. Sauf peut-être son goût inné pour l'aventure et une intelligence peu commune. Si certains l'accusent encore d'avoir pillé l'héritage de l'Égypte antique, il n'en reste pas moins l'un des pionniers de l'Égyptologie. Ses découvertes et ses récits passionneront l'Occident pendant longtemps.
Une enfance aventureuse
Giovanni Battista Belzoni naît à Padoue en 1778. Ce fils de barbier devient jeune moine à Rome, puis fuit l'Italie, alors envahie par les armées françaises. Il débarque à Londres (1803-1812) et se produit en tant "qu'homme fort" dans les foires londoniennes.
L'appel de l'Égypte
Las de s'exhiber dans les cirques, le "Titan de Padoue" rêve de jours meilleurs. En compagnie de sa femme Sarah et de son serviteur irlandais James Curtin, il quitte l'Angleterre et voyage en Espagne et au Portugal. De Malte, le trio part pour l'Égypte et s'y installe. Belzoni tente sa chance, en mettant en pratique ses connaissances en ingénierie hydraulique. Il fabrique des pompes d'un genre nouveau qui ne se vendent pas. C'est un nouvel échec et sa fortune s'évapore peu à peu.
L'homme d'une situation
A cette époque, l'Égypte est en proie à la guerre civile. Deux consuls alors en poste au Caire en tirent parti : Henry Salt, représentant des intérêts britanniques, et Bernardino Drovetti, consul de France. Les deux diplomates financent leurs explorations archéologiques ; ils revendent, non sans bénéfice, les collections ainsi constituées aux musées et collectionneurs occidentaux. Grâce à son passeport anglais, Belzoni entre au service de Salt. En
1815, une mission presque impossible lui est confiée : descendre le Nil jusqu'à Thèbes et ramener un buste colossal de pharaon, le «jeune Memnon» (Ammon-Zeus) qui pèse plus de 7 tonnes. On ignore alors qu'il s'agit de Ramsès II, dont la statue gît devant l'un de ses propres temples. Contre toute attente (et les menaces de Drovetti), Belzoni réussit, faisant preuve d'ingéniosité et de ténacité.Les découvertes
De par son penchant pour l'aventure et l'exploration, Belzoni accepte d'être le pourvoyeur d'antiquités de Salt. Son instinct le pousse à aller toujours plus loin. Aussi, en l'espace de quelques années seulement, il découvrira plusieurs tombes royales dans la Vallée des Rois, dont celle d'Amenhotep II, Ramsès Ier, Mérenptah, Aÿ, mais surtout celle de Séthi Ier, le 18 octobre 1817. Il visitera aussi le port gréco-romain de Bérénice situé sur la Mer Rouge, effectuera des fouilles au temple de Mout à Karnak, exhumera aussi le grand temple de Ramsès II à
Abou Simbel et ouvrira la pyramide de Khéphren à Gizeh. L'homme se passionne de plus en plus pour l'héritage de l'Égypte ancienne. De manière presque scientifique, il note l’emplacement de tous les éléments statuaires sur des plans. Il entre bientôt en conflit avec Salt qui est pourtant le seul à pouvoir subventionner ses fouilles. Le couple Belzoni quitte l’Égypte en 1819.La fin du voyage
Le retour de Belzoni à Londres est triomphant. Il émerveille les visiteurs de l’Egyptian Hall de Piccadilly avec des reproductions grandeur nature des décors de la tombe de Séthi Ier. La copie du sarcophage qu'il a faite lui permet de monter une exposition itinérante, qui sillonnera l'Europe de Paris à Saint Pétersbourg (1822). Malheureusement, et malgré ses succès, la fortune ne lui sourit pas. Il s'engage à trouver les sources du Niger en Afrique, et meurt de dysenterie au Bénin. Il est alors âgé de à 45 ans.
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Akerblad (Jean David)
Archéologue et orientaliste né à Stockholm en 1763, mort à Rome le 7 février 1819. Il suivit d'abord la carrière diplomatique et débuta
par être attaché à l'ambassade suédoise à Constantinople (Istanbul), avec le titre de secrétaire. Il visita une partie de l'Asie Mineure, la Syrie et la Palestine, explora la Troade en 1792 et en 1797 et rédigea, sur la topographie de ce pays, des mémoires remarqués, qui furent, sous forme de notes, insérés dans la traduction allemande du Voyage dans la Troade, de Lechevallier, publiée par K. G. Lenz.
Quelque temps après, il rentra en Allemagne et fit un séjour prolongé à Goettingen, puis il fut envoyé à Paris, vers 1800, avec le titre de chargé d'affaires de Suède. Il employa les loisirs que lui laissaient ses fonctions à étudier les manuscrits coptes que la Bibliothèque impériale reçus du Vatican, et il parvint à faire connaître et à déchiffrer l'écriture cursive copte, dont personne avant lui n'avait abordé l'étude. Les changements politiques survenus en Suède portèrent Akerblad à quitter la carrière diplomatique et à se retirer à Rome où il vécut dans l'intimité de la duchesse de Devonshire et d'autres amis de l'Antiquité : il y mourut à l'âge de cinquante-six ans.
Akerblad, qui s'occupa beaucoup des antiquités et des anciennes langues de l'Égypte, fit faire à cette branche de l'archéologie de remarquables progrès; on a trop oublié qu'il posa quelques-uns des principes que Champollion développa et codifia après lui; il rechercha avec succès les valeurs phonétiques des caractères démotiques et hiéroglyphiques de la fameuse inscription de Rosette : il est juste toutefois d'ajouter qu'Akerblad commit l'erreur de croire que tous les caractères hiéroglyphiques étaient phonétiques. (E. B.)..
En bibliothèque - Les principaux écrits de Jean david Akerblad sont les : Lettre à M. Silvestre de Sacy sur l'écriture cursive copte (Magasin encyclopédique, t. V, 1804); - Lettre à Silvestre de Sacy sur l'inscription égyptienne de Rosette (ibid, t. III, 1802), suivie d'une explication de l'inscription des lions de Venise; - Inscriptionis Phoeniciae Oxoniensis nova interpretatio; Paris, 1802, in-8; - Notice sur deux inscriptions en caractères runiques, trouvées à Venise, et sur les Varanges, avec les remarques de M. d'Anse de Villoison (Magasin encycl., t. V, 1804); - Inscrizione greca sopra una lamina di piombo trovata in un sepulcro nelle vicinanze d'Atene; Rome, 1843, in-4 ; - Lettre à M. Italinski, sur une inscription phénicienne trouvée à Athènes; Rome, 1844, in-8. - II y a quelques lettres d'Akerblad dans la correspondance de Paul-Louis Courier.
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